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Plateforme PHAROS : comment signaler un contenu illicite en ligne

La plateforme PHAROS reçoit chaque année des centaines de milliers de signalements de contenus illicites en ligne, des images pédopornographiques aux escroqueries numériques, en passant par les appels au terrorisme ou les propos haineux. Derrière cette interface, des policiers et gendarmes spécialisés analysent, qualifient et transmettent ces informations aux services compétents.

Pourtant, beaucoup d’internautes hésitent encore à signaler, par peur de se tromper ou de ne pas être légitimes. Comprendre le fonctionnement de PHAROS, ce que l’on peut signaler, comment remplir un formulaire utile aux enquêteurs et quelles suites sont données permet d’agir sans hésitation face à un contenu suspect.

Élément clé Résumé
Objectif de PHAROS Plateforme officielle pour signaler les contenus illégaux repérés sur internet 📢.
Types de contenus signalables Harcèlement, escroqueries, discours haineux, contenus violents ou portant atteinte aux mineurs.
Démarche Accès au site PHAROS, choix de la catégorie, description des faits, ajout d’un lien ou capture.
Traitement du signalement Les enquêteurs spécialisés analysent les signalements puis engagent des actions si nécessaire.

PHAROS : définition, rôle et place dans la lutte contre la cybercriminalité

PHAROS signifie Plateforme d’Harmonisation, d’Analyse, de Recoupement et d’Orientation des Signalements. Cette plateforme, gérée par la police nationale et la gendarmerie, centralise les signalements des internautes sur les contenus et comportements illicites rencontrés sur Internet.

PHAROS ne se contente pas de recevoir des signalements. Les agents spécialisés y réalisent un travail d’analyse juridique, de recoupement d’informations et d’orientation vers les services d’enquête compétents, en France comme à l’étranger lorsque les serveurs sont hébergés hors du territoire national.

Les enjeux dépassent le simple confort de navigation. Lorsque les équipes PHAROS interviennent, elles gèrent des situations de mise en danger de personnes, de diffusion massive de contenus criminels ou de fraudes organisées en réseau. L’objectif reste constant : réduire la visibilité de ces contenus et identifier les auteurs.

« PHAROS est le point de contact national pour les signalements des contenus illicites en ligne. Les informations transmises par les internautes alimentent directement le travail d’enquête des services spécialisés. »

PHAROS dans l’écosystème global des signalements en ligne

PHAROS n’est pas la seule interface de signalement mise à disposition du public. Elle s’inscrit dans un dispositif plus large de lutte contre la délinquance numérique et la cybercriminalité. L’année 2024 illustre la dimension de cet écosystème : 560 000 signalements ont été transmis sur les différentes plateformes (Thésée, Pharos, Perceval).

Dans ce volume, PHAROS a traité 222 364 signalements liés aux contenus illicites. De son côté, la plateforme Perceval, dédiée aux fraudes à la carte bancaire, a reçu 230 537 déclarations. Ces données révèlent une forte mobilisation du public et une hausse continue des signalements depuis 2019.

Plateforme Spécialité Signalements 2024
PHAROS Contenus et comportements illicites en ligne 222 364
PERCEVAL Fraudes à la carte bancaire 230 537
THÉSÉE & autres Plainte en ligne et autres signalements numériques Ensemble : environ 560 000 toutes plateformes confondues

En parallèle, les forces de l’ordre ont identifié environ 60 000 personnes mises en cause pour des atteintes numériques en 2024. La plateforme PHAROS joue un rôle central dans ce travail de remontée et de qualification des signalements, notamment pour les faits de haine en ligne, d’apologie du terrorisme ou d’atteintes sexuelles sur mineurs.

À retenir : PHAROS ne remplace pas une plainte. La plateforme sert à signaler des contenus ou comportements en ligne. Pour engager des poursuites ou être reconnu comme victime, une démarche complémentaire auprès des services d’enquête ou via une procédure adaptée reste nécessaire, par exemple via une plainte pour arnaque lorsque vous avez subi un préjudice.

Que peut-on signaler sur la plateforme PHAROS ?

PHAROS prend en charge une large variété de contenus illégaux. La plateforme vise tout ce qui enfreint la loi française sur Internet, que ce soit sur un site web, un réseau social, une messagerie, une place de marché ou une application de streaming.

Les catégories de signalements sont structurées pour orienter l’analyse : atteintes aux mineurs, terrorisme, haine en ligne, escroqueries, menaces, apologie de crimes, et bien d’autres. Un même contenu peut parfois relever de plusieurs infractions, ce que les enquêteurs prennent en compte.

Contenus à caractère sexuel mettant en scène des mineurs

Les atteintes sexuelles sur mineurs occupent une part conséquente de l’activité de PHAROS. En 2024, les équipes ont obtenu le retrait de 26 801 contenus illicites au premier semestre et 53 930 contenus au second semestre, toujours dans cette seule catégorie.

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Sont notamment concernés :

  • Images, vidéos ou montages pédopornographiques.
  • Propositions sexuelles explicites adressées à des mineurs.
  • Situations de grooming (approche en ligne d’un mineur à des fins sexuelles).
  • Diffusion d’images intimes d’un mineur sans consentement, y compris dans des groupes privés.

Lorsqu’un internaute tombe sur ce type de contenu, le signalement rapide favorise l’identification des victimes, la préservation de preuves pour les enquêtes et le retrait des fichiers auprès des hébergeurs ou des plateformes sociales.

Contenus terroristes et apologie de crimes

PHAROS reçoit également de nombreux signalements concernant la propagande terroriste, l’apologie d’actes de terrorisme ou encore la diffusion de contenus présentant des exécutions, attentats ou entraînements armés dans un but de radicalisation.

En 2024, la plateforme a contribué au retrait de 2 287 contenus terroristes au premier semestre, puis 4 392 au second. Ces chiffres reflètent une vigilance plus marquée du public et des plateformes, mais aussi un activisme toujours soutenu des réseaux de propagande.

Les éléments suivants justifient un signalement immédiat :

  • Vidéos ou photos glorifiant des actes terroristes.
  • Messages appelant à commettre des attentats ou des violences ciblées.
  • Collectes de fonds au profit d’organisations terroristes.
  • Canaux de recrutement ou de formation au combat armé à des fins terroristes.

Discours de haine, discriminations et harcèlement en ligne

La lutte contre les propos discriminatoires et la haine en ligne constitue une autre mission structurante de PHAROS. Depuis 2015, les signalements de contenus discriminatoires se situent autour d’une moyenne annuelle de 18 107 signalements, avec un pic observé à environ 26 000 signalements certaines années.

Ces faits peuvent prendre différentes formes :

  • Propos racistes, antisémites, islamophobes ou visant une origine.
  • Insultes homophobes ou transphobes.
  • Appels à la haine, au rejet ou aux violences contre une communauté.
  • Diffusion de symboles ou contenus incitant à la ségrégation ou à la discrimination.

En 2025, le pôle national de lutte contre la haine en ligne a déjà ouvert 1 072 dossiers, preuve d’un suivi judiciaire renforcé. Les signalements PHAROS constituent une source précieuse pour ce pôle, qui travaille sur la qualification des infractions et l’engagement de poursuites pénales.

« Les injures et provocations à la haine ou à la violence en raison de l’origine, de la religion, du sexe, de l’orientation sexuelle ou du handicap sont réprimées pénalement lorsqu’elles sont commises par un moyen de communication au public en ligne. »

Arnaques, escroqueries et fraudes en ligne

PHAROS joue également un rôle dans le repérage des escroqueries numériques : faux sites administratifs, ventes frauduleuses, arnaques sentimentales, escroqueries aux investissements, extorsions, mais aussi campagnes massives de phishing.

Selon la nature du préjudice, plusieurs démarches complémentaires sont utiles. En cas de fraude bancaire liée à une carte, la plateforme Perceval recueille les signalements. Pour un vol d’argent ou une arnaque structurée, une plainte pour arnaque reste souvent nécessaire pour enclencher des poursuites individuelles.

Pour les escroqueries reposant sur des emails suspects, liens vers des sites contrefaits ou usurpation d’identité d’une entreprise, un volet supplémentaire consiste à signaler un mail de phishing. PHAROS se concentre sur la dimension contenu illégal ou fraude organisée en ligne, mais les informations collectées peuvent être recoupées avec les autres plateformes.

Conseil pratique : avant de saisir PHAROS pour une escroquerie, rassemblez tous les éléments : captures d’écran des annonces, identifiants du vendeur, échanges de mails ou de messages, références de paiement. Plus le signalement est structuré, plus les enquêteurs disposent d’éléments exploitables.

Autres contenus illicites pris en charge

La catégorie « divers » regroupe d’autres types de contenus illégaux. En 2024, PHAROS a obtenu le retrait de 1 124 contenus divers au premier semestre et 1 044 au second semestre, comprenant notamment :

  • Incitation au suicide ou à l’automutilation.
  • Diffusion de violences graves (torture, sévices) justifiées ou encouragées.
  • Menaces de mort ou de violences physiques.
  • Diffusion de données personnelles dans le cadre de « doxxing ».
  • Contenus portant gravement atteinte à la dignité humaine.

Les frontières entre ces catégories restent parfois mouvantes. L’important est de signaler tout contenu qui semble manifestement contraire à la loi, en laissant les services spécialisés qualifier juridiquement les faits.

Comment accéder à la plateforme PHAROS et préparer son signalement ?

PHAROS est accessible à tout internaute résidant en France ou témoin de faits visant des personnes ou intérêts français. Aucune compétence technique n’est requise pour remplir un signalement, mais une préparation minimale optimise la prise en compte du dossier.

Avant de commencer, l’internaute gagne à sécuriser son environnement numérique : captures d’écran, sauvegarde des échanges, vérification des liens. Dans certains cas, un passage par des ressources spécialisées sur les arnaques aide à mieux formuler les faits et, le cas échéant, à envisager une démarche de signalement d’arnaque internet plus globale.

Accès direct au formulaire PHAROS

L’accès au formulaire PHAROS se fait via un site officiel du ministère de l’Intérieur, facilement identifiable par son domaine en « .gouv.fr ». Il convient de s’assurer de la fiabilité du site avant de renseigner la moindre information personnelle.

Une fois sur l’interface, l’internaute suit un parcours guidé :

  • Choix de la catégorie de contenu (terrorisme, atteintes aux mineurs, escroquerie, haine, etc.).
  • Renseignement du type de support (site web, réseau social, messagerie, plateforme vidéo, jeu en ligne…).
  • Indication de l’URL ou des identifiants du compte visé.
  • Rédaction d’un descriptif des faits.

Le formulaire peut être complété de manière anonyme pour signaler un simple contenu, mais l’ajout d’une adresse de contact permet parfois aux services d’investigation de demander des précisions en cas de besoin.

Informations à rassembler avant de signaler

Un signalement efficace repose sur des informations précises. Avant de remplir PHAROS, il est utile de rassembler :

  • L’URL exacte du contenu ou du profil concerné.
  • La date et l’heure de la découverte des faits.
  • Des captures d’écran montrant clairement le contenu illicite.
  • Le nom d’utilisateur, pseudo ou identifiant de la personne ou du compte.
  • Les échanges associés (messages privés, emails, commentaires) si disponibles.

Ces éléments aident à pallier une suppression rapide du contenu par son auteur ou par la plateforme. Les forces de l’ordre conservent ainsi une trace exploitable dans le cadre d’une enquête, même si la publication disparaît publiquement.

Point de vigilance : lors de la collecte de preuves, inutile de multiplier les téléchargements ou partages d’un contenu illégal grave, en particulier pour les atteintes sexuelles sur mineurs. Une ou deux captures d’écran et l’URL suffisent. Le simple fait de conserver ce type de fichiers sur un appareil personnel peut constituer une infraction.

Remplir un signalement PHAROS étape par étape

Le formulaire PHAROS guide l’internaute, mais quelques bonnes pratiques rendent le signalement plus utile pour les enquêteurs. Le but consiste à fournir une description factuelle, structurée, sans interprétation excessive, mais sans minimisation non plus.

Choisir la bonne catégorie juridique

Dès le début, le formulaire propose plusieurs catégories de contenus : terrorisme, pédopornographie, escroqueries, propos haineux, menaces, incitation à la violence, etc. Lorsque le doute persiste, il vaut mieux sélectionner la catégorie la plus proche de la situation observée.

Les agents PHAROS effectuent ensuite une requalification juridique si nécessaire. Une erreur de catégorie n’entraîne pas un rejet automatique du signalement, mais une cohérence minimale facilite la priorisation des dossiers, notamment pour les urgences absolues visant la sauvegarde de la vie humaine.

Rédiger un descriptif clair et utile aux enquêteurs

La description constitue le cœur du signalement. Un texte trop vague ou très émotionnel complique l’analyse. Un style factuel, chronologique, avec dates et lieux quand ils sont connus, offre un cadre précis.

Un descriptif efficace contient par exemple :

  • Le contexte : comment le contenu a été découvert (recherche, partage, message reçu, etc.).
  • La nature exacte du contenu (photo, vidéo, texte, conversation, profil).
  • Les propos ou actes décrits, sans généralisation ni exagération.
  • Les éléments identifiants (pseudonymes, noms, coordonnées éventuelles).
  • Les éventuels liens avec d’autres comptes, sites ou groupes.

Les enquêteurs ont accès à des outils techniques d’analyse et de recoupement. Leur travail gagne en efficacité lorsque la description permet de cibler rapidement les recherches.

Pièces jointes, captures d’écran et limites à respecter

Le formulaire PHAROS autorise l’ajout de pièces jointes. L’objectif consiste à fournir des éléments de preuve sans saturer le système. Des captures d’écran nettes, horodatées, montrant clairement l’URL ou le profil offrent un support solide.

Dans certains cas, PHAROS recommande de ne pas télécharger certains fichiers (vidéos, archives) lorsqu’il s’agit de contenus extrêmement sensibles, notamment liés à des mineurs. Le signalement mentionne alors l’existence du fichier et sa localisation en ligne, ce qui permet aux services de l’État de le récupérer dans un cadre légal sécurisé.

Urgences absolues, situations graves et réactions rapides

Au sein des signalements reçus, certains relèvent d’urgences absolues, c’est-à-dire des cas où la vie d’une personne est directement menacée ou où un mineur subit une atteinte en cours. PHAROS dispose d’un circuit de traitement prioritaire pour ces situations.

En 2024, la plateforme a identifié 327 urgences absolues au premier semestre, puis 370 au second. Ces cas mobilisent les enquêteurs en continu, avec des liaisons rapides vers les services territoriaux pour déclencher des interventions physiques, surveillances ou interpellations.

Reconnaître une situation relevant de l’urgence absolue

Certaines situations appellent un signalement immédiat avec mention explicite de l’urgence :

  • Menaces de suicide précises, datées, avec intention imminente.
  • Diffusion en direct de violences graves sur une personne, en particulier un mineur.
  • Annonces publiques d’attaque ou d’attentat avec éléments concrets (lieu, date, méthode).
  • Appels explicites à passer à l’acte violent dans un délai court.

Dans ces cas, PHAROS agit comme un relai entre la veille numérique et les unités d’intervention de terrain, en s’appuyant sur des coopérations nationales et parfois internationales.

Articulation avec les numéros d’urgence classiques

PHAROS ne remplace ni le 17 (police / gendarmerie), ni le 15 (Samu), ni le 18 (pompiers). Lorsque la vie d’une personne semble menacée de manière imminente, le recours prioritaire à ces numéros reste déterminant en complément du signalement en ligne.

Le signalement PHAROS permet de documenter l’événement, de garder une trace et d’alimenter une enquête. L’appel aux secours, lui, déclenche les opérations de secours ou d’intervention immédiates. Les deux démarches se complètent et renforcent la protection des victimes potentielles.

Réflexe en cas d’urgence : si vous assistez à une situation de violence en direct ou à une menace de passage à l’acte très précise, appelez d’abord le 17 avant de remplir un signalement PHAROS. Les minutes gagnées jouent un rôle décisif pour la protection des personnes.

Traitement des signalements PHAROS : que se passe-t-il après l’envoi ?

Une fois le formulaire validé, le signalement est transmis aux équipes de PHAROS. L’internaute ne voit plus directement le processus, mais plusieurs étapes successives se mettent en place en interne.

Le volume global reste élevé : en 2024, PHAROS a reçu 111 252 signalements au premier semestre, et 110 842 signalements au second. L’analyse et la priorisation s’effectuent donc de manière structurée pour repérer les dossiers les plus urgents ou les plus graves.

Analyse, qualification et recoupement des informations

Les agents de PHAROS procèdent d’abord à une lecture détaillée du signalement, puis vérifient les liens, captures et éléments fournis. Ils qualifient juridiquement les faits (pénal, contraventionnel, relevant d’un autre service, ou non infractionnel) et décident des suites à donner.

Cette phase inclut des recherches complémentaires :

  • Vérification de l’existence d’autres signalements sur les mêmes profils ou contenus.
  • Recoupement avec des enquêtes en cours.
  • Analyses techniques (adresses IP, serveurs, hébergeurs, fuseaux horaires…) lorsque la loi et les accords internationaux le permettent.

Dans de nombreux cas, PHAROS travaille avec d’autres services spécialisés (lutte contre la cybercriminalité, renseignement, brigades de protection des familles, services antiterroristes, etc.).

Retrait de contenus et coopération avec les plateformes

Lorsque le contenu signalé s’avère illégal, PHAROS engage des démarches auprès des hébergeurs ou réseaux sociaux pour obtenir son retrait. Les chiffres 2024 montrent l’ampleur de cette action : plus de 53 930 contenus pédopornographiques retirés au second semestre, et des milliers d’autres dans les domaines terroristes ou discriminatoires.

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Les plateformes numériques disposent souvent de procédures internes de modération. Les demandes émanant de PHAROS s’ajoutent à ces mécanismes et accélèrent la suppression de contenus qui ont échappé à la première couche de modération ou qui relèvent clairement du pénal.

Transmission à la justice et ouverture de procédures

Pour les dossiers présentant des éléments suffisants, PHAROS transmet les faits au parquet territorialement compétent. Le procureur de la République apprécie alors l’opportunité d’ouvrir une enquête, de confier le dossier à un service spécialisé ou de classer la procédure si les éléments restent insuffisants.

Certains signalements alimentent des procédures plus larges déjà ouvertes, notamment dans les domaines suivants :

  • Réseaux d’exploitation sexuelle de mineurs.
  • Groupes organisés d’escroquerie en ligne.
  • Cellules de propagande ou de recrutement terroriste.
  • Campagnes massives de harcèlement ou de haine ciblée.

Pour la personne qui signale, l’absence de retour ne signifie pas forcément qu’aucune suite n’a été donnée. Les contraintes de confidentialité et l’ampleur des dossiers ne permettent pas toujours un suivi individuel détaillé.

PHAROS, droits des victimes et démarches complémentaires

PHAROS répond à une logique de signalement citoyen. La plateforme ne remplace pas les outils de protection individuelle, ni les recours judiciaires classiques dont disposent les victimes d’infractions commises en ligne.

La personne directement visée par des faits graves en ligne doit envisager des démarches spécifiques pour faire reconnaître son statut de victime et obtenir réparation de son préjudice.

Signalement simple vs dépôt de plainte

La distinction entre signalement et plainte mérite une attention particulière. Le signalement PHAROS permet d’alerter les autorités sur un contenu ou un comportement, même si l’on n’est pas soi-même victime directe. Il contribue à la veille collective sur l’espace numérique.

Le dépôt de plainte, lui, engage un processus différent. Il suppose une démarche personnelle ou accompagnée auprès d’un commissariat, d’une brigade de gendarmerie ou via les dispositifs de plainte en ligne adaptés. Pour les infractions liées aux escroqueries, une orientation vers les démarches décrites sur la page porter plainte pour arnaque offre un cadre clair.

Conservation des preuves et accompagnement des victimes

Pour les victimes de cyberharcèlement, de cyberviolences ou d’escroqueries, la conservation des preuves reste déterminante. Avant de bloquer un compte ou de supprimer un message, il reste préférable de :

  • Réaliser des captures d’écran complètes (incluant date, heure, URL).
  • Exporter les conversations quand la plateforme le permet.
  • Noter les pseudonymes, numéros de téléphone, adresses email.
  • Garder les références de paiement ou de transaction.

Ces éléments facilitent les suites judiciaires, qu’il s’agisse de signalements auprès de PHAROS, de plaintes ou de démarches auprès d’associations spécialisées dans l’accompagnement des victimes de violences numériques.

Conseil d’accompagnement : en cas de cyberharcèlement prolongé, un soutien psychologique et juridique complète utilement la démarche de signalement. Des associations et cellules spécialisées travaillent en lien avec les autorités pour aider les victimes à documenter les faits et à tenir sur la durée.

PHAROS, prévention et responsabilisation des internautes

PHAROS ne se limite pas à un rôle réactif. La plateforme s’inscrit dans une dynamique de prévention et de responsabilisation du public. Le volume croissant des signalements montre que les internautes participent de plus en plus activement à la régulation de l’espace numérique.

L’enjeu réside dans la capacité de chacun à reconnaître un contenu manifestement illicite, à le signaler rapidement et à adapter ses propres usages : vérification des sources, prudence face aux liens suspects, réflexion avant de partager un contenu violent ou haineux.

Évolution des signalements et tendances depuis 2019

Les données disponibles mettent en évidence une hausse continue des signalements depuis 2019. Cette progression ne traduit pas uniquement une hausse des infractions en ligne, mais aussi une meilleure connaissance des dispositifs et une prise de conscience plus large des enjeux numériques.

Les tendances récentes montrent notamment :

  • Une montée des signalements liés aux discriminations et à la haine en ligne.
  • Une activité persistante en matière d’escroqueries numériques et de fraudes bancaires.
  • Des volumes importants de contenus à retirer dans le domaine des atteintes sexuelles sur mineurs.
  • Une adaptation progressive des réseaux criminels aux mesures de modération et aux réponses policières.

Le nombre de 60 000 personnes mises en cause pour atteintes numériques en 2024 illustre l’intensification des actions judiciaires, alimentées en partie par les signalements PHAROS et par les autres plateformes.

Rôle de l’internaute dans la lutte contre les contenus illicites

Chaque internaute devient un acteur de la régulation de l’espace numérique. Signaler un contenu illégal, refuser de relayer des messages haineux, vérifier une information avant de la partager : ces réflexes renforcent l’efficacité globale des dispositifs publics.

Au-delà du simple signalement, une démarche plus structurée s’avère parfois pertinente, par exemple pour une démarche complète de signalement d’arnaque internet combinant PHAROS, Perceval, plainte et échanges avec sa banque ou les services de protection des consommateurs.

PHAROS agit alors comme une pièce d’un ensemble plus vaste, dans lequel institutions, plateformes numériques, associations et internautes coordonnent leurs actions pour limiter l’impact des contenus illégaux sur le quotidien numérique de chacun.

« Signaler un contenu illicite n’est pas une délation. C’est un acte de protection, pour soi, pour les victimes directes et pour l’ensemble des utilisateurs exposés aux dérives numériques. »

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