Que peut exiger un propriétaire au-delà du loyer ? Le cadre légal des charges locatives est souvent mal connu. Pourtant, l’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 fixe précisément les règles. Ce texte délimite ce qui peut – ou ne peut pas – être réclamé au locataire. Une distinction essentielle pour éviter litiges et abus, tant pour le bailleur que pour l’occupant du logement.
| 🔍 Que couvre l’article 23 ? | Encadre les charges récupérables que le bailleur peut demander au locataire, hors loyer. 💸 |
| 📦 Charges récupérables |
– Services de l’immeuble (eau, ascenseur, nettoyage) – Petits travaux d’entretien – Taxes locatives (ex. ordures ménagères) ❌ Pas de grosses réparations (toiture, etc.) |
| 💼 Récupération & régularisation |
– Provisions mensuelles – Régularisation annuelle obligatoire 📆 – Fourniture d’un décompte précis & justificatifs (factures, contrats) – Locataire 👉 peut contester sans justificatif |
| ⏰ Délais & prescription |
– Délai de 3 ans pour réclamer charges ou loyers impayés – Compte à partir de la connaissance des faits |
| 📢 Obligations du bailleur |
– Informer sur le débroussaillement & l’entretien du terrain – Transparence maximale requise 💬 |
| ⚖️ Impact de la Loi ELAN (2018) |
– Justification renforcée 📑 (récapitulatif annuel) – Délais de prescription clarifiés ⏳ – Meilleure gestion en copropriété |
| ✅ À retenir |
– Charges récupérables = dépenses réelles & précises – Régularisation annuelle obligatoire + justificatifs – Prescription de 3 ans – Transparence & équilibre locataire-bailleur ⚖️ |
Article 23 de la loi du 6 juillet 1989 : les principes de base
L’article 23 de la loi du 6 juillet 1989 encadre explicitement les charges récupérables. Il précise que seules certaines dépenses, directement liées à l’usage du logement, peuvent être demandées au locataire en plus du loyer.
Concrètement, le propriétaire n’est pas libre d’imposer n’importe quelle charge. Les montants réclamés doivent correspondre à des dépenses effectivement engagées, justifiables, et prévues par la réglementation. L’article 23 exclut tout ce qui n’est pas expressément éligible.
AdministrationComment se connecter à votre compte webmail ac-nantes ?Il ne faut pas confondre cette disposition avec l’article 22-2, qui concerne la communication de pièces ou données personnelles lors de la location.
Quelles sont les charges récupérables prévues à l’article 23 ?
Services communs et entretien de l’immeuble
Parmi les frais que le bailleur peut récupérer : les dépenses liées à l’utilisation collective ou à l’entretien courant du bâtiment. Cela comprend :
- L’eau froide utilisée dans les parties communes, ou par le locataire
- L’électricité des parties communes (éclairage, ventilation, etc.)
- L’entretien et les petites réparations de l’ascenseur
- Le nettoyage, la désinfection des couloirs, courettes, vide-ordures
Petites réparations locatives
Des travaux mineurs restent à la charge de l’occupant. Il s’agit de réparations de proximité, qui ne concernent pas la structure du logement :
- Graissage des charnières
- Remplacement des joints de robinet
- Changement d’ampoules dans les pièces louées
Taxes locatives
Certaines taxes locales sont également récupérables. La plus fréquente :
- La taxe d’enlèvement des ordures ménagères, répercutée annuellement
« Les réparations autres que d’entretien locatif ne peuvent être récupérées par le bailleur, même si elles concernent le confort du locataire. » – Interprétation jurisprudentielle courante
Ce qui ne peut pas être réclamé au locataire
A contrario, certaines dépenses dépassent le cadre de l’article 23 :
- Travaux de gros œuvre (réfection de toiture, ravalement)
- Remise en conformité des installations (mise aux normes d’un ascenseur)
- Frais de gestion de syndic non liés aux services
Régularisation des charges : obligations précises du propriétaire
Provisions mensuelles et décompte annuel
Le bailleur peut demander une provision mensuelle en prévision des charges. Cette somme doit faire l’objet d’une régularisation annuelle basée sur les dépenses réelles. Chaque année, il est tenu de présenter au locataire un décompte détaillé mentionnant les différentes charges engagées.
Le locataire doit pouvoir comparer, comprendre et éventuellement contester si les chiffres sont incohérents.
| Élément requis | Obligation |
|---|---|
| Provision mensuelle | Facultative mais recommandée |
| Régularisation annuelle | Obligatoire |
| Justificatifs disponibles | Oui, pendant 6 mois |
Transmission des justificatifs
Le bailleur doit mettre à disposition toutes les pièces permettant au locataire de vérifier les montants réclamés : factures, contrats d’entretien, relevés de compteurs. Cette transparence est un droit. Sans ces documents, le locataire est fondé à contester la régularisation.
Prescription triennale : quels sont les délais légaux ?
Dès lors qu’il s’agit de récupérer des charges ou des arriérés, la loi impose une prescription de trois ans. Cela signifie que passé ce délai, le bailleur ne peut plus réclamer rétroactivement un montant oublié.
Ce délai commence à courir à la date où la somme est devenue exigible. De la même manière, le locataire dispose du même laps de temps pour contester ou réclamer un trop-perçu.
« Toute action dérivant du contrat de location est soumise à un régime de prescription triennale. » – Article 7-1 de la loi du 6 juillet 1989
Article 23 et loi ELAN : les évolutions depuis 2018
La loi ELAN du 23 novembre 2018 a renforcé les exigences imposées aux bailleurs et clarifié certains points de litiges fréquents. Ce texte vient compléter l’article 23 en apportant :
- Une confirmation de la régularisation annuelle obligatoire
- Une meilleure définition des catégories de dépenses récupérables
- Un encadrement plus strict sur les frais de gestion en copropriété
L’objectif affiché est de fluidifier les rapports locatifs et de garantir une certaine équité dans le calcul des charges.
AdministrationComment se connecter à votre compte webmail ac-dijon ?
Les autres obligations annexes du bailleur à connaître
L’article 23 ne se limite pas à une simple régularisation technique. Plusieurs obligations d’information accompagnent le processus :
- Informer sur les mesures de débroussaillement si le logement est situé dans une zone à risque
- Distribuer une note informative sur l’entretien courant du logement
Ces obligations s’ajoutent aux documents classiques comme le bail ou l’état des lieux. Leur absence peut entraîner la nullité de certaines clauses du contrat ou des amendes en cas de non-conformité.





